Encadrement de la publicité en optique : quelles suites après le projet d’interdiction ?
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Dans une question écrite publiée le 1er octobre, la sénatrice Annick Billon (Vendée – Union centriste) interroge le gouvernement sur les alternatives au projet d’interdiction de la publicité en optique, finalement écarté fin septembre. En marge du Silmo, ce sujet a fait l’objet d’une rencontre entre des représentants du Rof (Rassemblement des opticiens de France), du Gifo (Groupement des industriels et fabricants de l’optique), et un conseiller de la ministre de la Santé, qui a rappelé les attentes de l’exécutif.
Dans sa question écrite à Stéphanie Rist, ministre de la Santé, la sénatrice Annick Billon, sénatrice de Vendée (Union centriste), rappelle que la profession d’opticien a proposé dès mars 2026 une charte « visant à mieux encadrer les pratiques publicitaires et à lutter contre les communications trompeuses ou excessivement incitatives, tout en préservant la possibilité d’informer les patients sur les équipements, les prix et les conditions de prise en charge ». Elle demande au gouvernement quelles suites seront données aux propositions formulées par les organisations professionnelles et « selon quel calendrier il entend concerter les acteurs du secteur afin de définir un cadre proportionné permettant de prévenir les pratiques commerciales abusives, tout en garantissant l’information des patients ».
Le conseiller de Stéphanie Rist a en effet précisé que, si le projet d’interdiction pure et simple de la publicité en optique a été stoppé, la volonté d’encadrer la communication dans le secteur reste plus que jamais d’actualité. « Des publicités promotionnelles pour des produits remboursés par la solidarité nationale interrogent le gouvernement et le Parlement sur la pertinence du maintien de la dérogation, a-t-il expliqué. Rien n’est gratuit et les Français doivent l’entendre. » Parmi les exemples cités : les messages invitant à renouveler ses lunettes au motif que l’ordonnance est encore valide, ou encore les cadeaux sans rapport avec le produit.
Les organisations professionnelles ont ainsi formulé des propositions qui sont en train d’être étudiées par les équipes ministérielles. Le Rof a particulièrement mis en avant sa démarche reposant sur une charte déposée auprès de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP). L’exécutif attend cependant davantage qu’un engagement écrit et a prévenu que l’appréciation porterait tant sur le contenu des propositions que leurs effets réels sur l’évolution des pratiques de communication, attendus à court terme, « d’ici la fin de l’année ».
Au-delà de la publicité, le Rof et le Gifo ont souhaité replacer le débat dans celui, plus large, du rôle des opticiens, en estimant que l’encadrement de la dimension commerciale doit s’accompagner d’une réflexion sur leurs compétences et leur contribution à la prévention.
« La philosophie de la ministre est d’utiliser les compétences des professionnels de santé dès qu’elles sont disponibles. On va cependant entrer dans le temps long de nouvelles réformes », a prévenu le conseiller de la ministre, tout en insistant sur les conditions de qualité et de pertinence des interventions. En attendant, il a évoqué les protocoles de coopération comme une piste de travail et invité les opticiens à participer au programme Icope développé par l’OMS, qui vise à prévenir la perte d’autonomie des plus de 60 ans par le repérage précoce du déclin de 6 capacités essentielles, dont la vision.




