Le gouvernement veut interdire la publicité en optique, le Rof tire la sonnette d’alarme

Publié le 08/09/2026

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Un projet d’arrêté présenté aux organisations professionnelles prévoit d’exclure les dispositifs d’optique médicale de ceux autorisés à faire l’objet d’une publicité auprès du grand public. Le Rassemblement des opticiens de France (Rof) dénonce une mesure qu’il juge inefficace sur les dépenses et pénalisante, tant pour l’information des patients que pour la concurrence.

Un projet d’arrêté du ministère de la Santé prévoit de durcir les règles encadrant la publicité des dispositifs médicaux, comme cela a été préconisé par plusieurs rapports institutionnels. Il exclurait explicitement les équipements d’optique médicale (ainsi que les aides auditives) de ceux pouvant faire l’objet d’une publicité auprès du grand public.

Le cas échéant (il s’agit toujours d’un projet), les lunettes et lentilles correctrices ne bénéficieraient plus de l’exception prévue par l’arrêté de 2012 au principe posé par le Code de la santé publique, qui interdit la publicité auprès du public pour les dispositifs médicaux pris en charge, même partiellement, par l’Assurance maladie.

Dans un communiqué publié aujourd’hui 8 septembre, le Rof demande au gouvernement de renoncer à cette interdiction, dont l’efficacité sur la maîtrise des dépenses d’optique n’est pas démontrée. Pour le syndicat, une telle mesure pénaliserait également le pouvoir d’achat des consommateurs en limitant leur possibilité de comparer les offres. Il conteste l’idée que la publicité favoriserait à elle seule une consommation excessive en citant une étude Galliléo Business Consulting réalisée en septembre 2025 auprès de 3 000 porteurs : 92 % déclarent renouveler leurs lunettes avant tout pour un besoin visuel ou médical et 87 % des achats interviennent après l’examen d’un professionnel ayant constaté une évolution de la vue. L’organisation souligne aussi le rôle de la communication dans l’information et la prévention en santé visuelle, notamment sur le suivi de la vue, les solutions disponibles ou la myopie.

  • « Nous partageons pleinement l’objectif de lutter contre les pratiques trompeuses ou excessivement incitatives. Mais interdire toute publicité ne peut pas être la seule réponse », affirme Jean-François Porte, président du Rof.

Réguler plutôt qu’interdire

« Une réunion de concertation avec la Direction de la Sécurité sociale s’est tenue le 4 septembre avec les acteurs de la filière. Or, dès l’ouverture de cette réunion, l’hypothèse d’une interdiction générale de la publicité a été mise sur la table, donnant le sentiment que l’issue de la concertation pourrait être déjà largement déterminée », dénonce le Rof, qui défend une autre approche. Depuis mars, il propose aux pouvoirs publics une charte d’engagements destinée à mieux encadrer la communication, renforcer les contrôles et sanctionner les abus. Concrètement, sa demande comporte trois points :

  • renoncer à toute interdiction générale de la publicité en optique, dont ni les effets ni la nécessité ne sont à ce jour démontrés ;
  • engager une véritable concertation avec l’ensemble des acteurs de la filière ;
  • de préserver le droit des patients et des consommateurs à une information claire et utile, ainsi que leur capacité à comparer les offres et à faire jouer la concurrence.
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d’Opticien Lunetier

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