L’AOF refuse une interdiction générale de la publicité en optique

Publié le 14/09/2026

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Alors qu’un projet d’arrêté prévoit d’interdire la publicité pour les dispositifs d’optique médicale, l’Association des optométristes de France (AOF) suggère plutôt un encadrement de la communication sur ces produits. Le syndicat demande, en contrepartie, une reconnaissance accrue du rôle de l’opticien comme professionnel de santé.

« Certaines pratiques doivent légitimement nécessiter davantage de contrôle. Mais une interdiction générale ne doit pas devenir une réponse simpliste à des problématiques beaucoup plus complexes », explique l’AOF, qui replace le débat sur le terrain de la place de l’opticien dans le système de santé. « Si demain l’État souhaite rapprocher les règles applicables aux opticiens de celles des autres professionnels de santé, cette évolution doit nécessairement s’accompagner d’une reconnaissance accrue de leur rôle dans le parcours de soins. On ne peut pas demander à l’opticien de renoncer progressivement aux attributs du commerçant sans, parallèlement, lui donner pleinement les moyens d’exercer ses missions de professionnel de santé », argumente le syndicat. Il défend notamment une montée en compétences de la profession et une meilleure utilisation du maillage territorial des opticiens, en coordination avec les ophtalmologistes.

L’AOF alerte également sur une conséquence moins directement commerciale d’une interdiction de la publicité : la communication des opticiens « constitue aussi un vecteur d’information et de sensibilisation en santé visuelle. À l’heure où les enjeux se multiplient, avec notamment la progression de la myopie et le vieillissement de la population, restreindre fortement cette communication, c’est aussi limiter la capacité des professionnels à informer et sensibiliser la population ».

Le syndicat souligne aussi que la communication contribue à valoriser l’ensemble de la filière optique française, ses emplois, ses innovations et ses savoir-faire. Il rapproche enfin ce débat du transfert supplémentaire de dépenses de l’AMO, en s’interrogeant sur leur concomitance : « Avant toute interdiction générale, une question doit donc être posée : quelles en seraient réellement les conséquences, et à qui profiterait-elle ? »

« Nous ne sommes pas opposés à un encadrement plus exigeant de la publicité des opticiens, notamment lorsqu’il vise les pratiques trompeuses ou excessives. Mais une interdiction générale ne peut constituer, à elle seule, une réponse aux enjeux de notre filière. L’avenir de notre profession ne peut pas se construire en retirant des prérogatives d’un côté sans reconnaître, de l’autre, les compétences et les responsabilités que les opticiens sont aujourd’hui capables d’assumer », conclut Thibaud Thaëron, président de l’AOF.

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d’Opticien Lunetier

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