Lunettes connectées : les inquiétudes sur la vie privée gagnent le terrain politique et judiciaire

Publié le 12/08/2026

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En France, un député demande au gouvernement d’envisager l’encadrement des lunettes connectées, voire leur interdiction dans certains lieux publics. Des travaux australiens documentent par ailleurs leur utilisation dans des situations de harcèlement, tandis qu’en Allemagne, l’association HateAid vient de déposer une plainte pénale visant, entre autres, Meta et EssilorLuxottica.

Dans une question écrite publiée le 28 juillet au Journal officiel, Aurélien Saintoul, député des Hauts-de-Seine (La France insoumise – Nouveau Front Populaire), attire l’attention du gouvernement sur les risques que représentent les lunettes connectées pouvant photographier, enregistrer des vidéos et capter du son. « Bien qu’une lumière rouge sur les lunettes soit censée indiquer lorsqu’il y a captation vidéo, il est très facile de contourner ce dispositif », indique-t-il. En citant la Cnil, qui a récemment formulé ses inquiétudes, l’élu demande ainsi au gouvernement « s’il envisage de réglementer davantage l’usage de ces lunettes connectées, voire de les interdire dans certains cas dans les lieux ouverts au public ».

Plainte pénale en Allemagne

La controverse vient de prendre une dimension judiciaire outre-Rhin. L’organisation allemande de défense des droits numériques HateAid vient d’annoncer avoir déposé une plainte pénale visant Meta, EssilorLuxottica, et plusieurs distributeurs (Fielmann, Apollo-Optik, Mister Spex, MediaMarkt). Elle estime que les caractéristiques de ces lunettes, et notamment la possibilité de réaliser des enregistrements très discrets, pourraient contrevenir à la législation allemande. L’association souligne elle aussi que le voyant destiné à signaler un enregistrement peut être difficile à percevoir et évoque les méthodes permettant de le masquer. Elle rapporte également la mise en ligne, sur les réseaux sociaux, de vidéos réalisées à l’insu des protagonistes, notamment des contenus sexualisants ou relevant du harcèlement.

Une étude conduite à l’Université de Sydney, tout récemment rendue publique, abonde en ce sens. Les chercheurs ont analysé 350 vidéos liées à des communautés de « pick-up artists », dans lesquelles des lunettes connectées étaient utilisées pour filmer discrètement des femmes dans des situations quotidiennes. Environ 60 % des vidéos en vue subjective analysées présentaient des comportements considérés comme potentiellement constitutifs de harcèlement. Pour 43 %, les personnes filmées étaient ensuite exposées à des commentaires dégradants et, dans certains cas, identifiées ou victimes de doxxing (divulgation malveillante d’informations personnelles).

Face aux polémiques, Meta a commencé à renforcer ses dispositifs de protection. Le groupe a annoncé en juillet un mécanisme destiné à désactiver la caméra lorsqu’une altération physique du témoin lumineux est détectée.

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d’Opticien Lunetier

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