Prévention, 100 % santé, rôle de l’opticien : le Gifo met 17 propositions sur la table des politiques
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À l’occasion du Silmo, le Gifo (Groupement des industriels et fabricants de l’optique) a dévoilé son livre blanc « Mieux prévenir, mieux voir, mieux vivre ». Face au vieillissement de la population et à la progression des troubles visuels, les industriels du secteur appellent à sortir d’une logique essentiellement curative pour bâtir une véritable stratégie nationale de santé visuelle.
Dans un contexte de croissance exponentielle des besoins visuels, le Gifo veut placer la prévention au centre du système. Parmi ses propositions figure la création d’un programme « M’T Yeux », inspiré de « M’T Dents », afin d’organiser un dépistage précoce et systématique des troubles visuels chez les enfants. Le groupement souhaite également intégrer la vision aux rendez-vous « Mon Bilan Prévention », inscrire cet axe dans les contrats responsables ou encore expérimenter, avec les Ocam, un dépistage des pathologies oculaires dans le cadre de l’assurance automobile. « Aujourd’hui, nous sommes dans le curatif : il y a un trouble visuel, on l’identifie, on le traite, puis on attend. Il n’y a pas de continuité des soins », résume Prûne Marre, présidente du Gifo, en ajoutant que cette approche sera de moins en moins tenable avec le vieillissement de la population et le développement des pathologies chroniques.
Donner davantage de place aux opticiens
Le livre blanc préconise la réorganisation du parcours de soins autour des « 3 O ». Le Gifo invite à développer des protocoles de coopération et à s’appuyer sur le maillage territorial des opticiens pour renforcer la prévention. Il propose notamment qu’ils puissent, de façon encadrée, réaliser des images de l’œil et les transmettre au médecin pour diagnostic. « Les opticiens ont un avantage phénoménal : ils sont partout dans les territoires et accessibles à tout le monde », souligne Prûne Marre. L’idée est de les autoriser à réaliser des actes techniques susceptibles d’améliorer le dépistage et le suivi, comme la mesure de la longueur axiale, chez les enfants myopes, dans le cadre de protocoles coordonnés avec l’ophtalmologiste.
Myopie, 100 % santé et lentilles
Concernant les équipements, plusieurs propositions sont formulées. Le Gifo demande la création d’une catégorie spécifique dans la LPPR pour les verres et lentilles de freination de la myopie, afin d’en favoriser la prise en charge. Il réclame aussi une adaptation du 100 % santé pour y inclure les très fortes corrections, aujourd’hui insuffisamment couvertes. La contactologie occupe également une place importante : le groupement propose de renforcer la formation des ophtalmologistes sur ce sujet, de développer les délégations de tâches vers des opticiens formés et d’améliorer la traçabilité des lentilles. Il préconise aussi la création d’une base dédiée de la Sécurité sociale pour autoriser le remboursement des lentilles dès le premier euro, ce qui permettrait une meilleure traçabilité des délivrances.
Défendre l’industrie française
Enfin, sur le volet industriel qui le concerne au premier chef, le Gifo demande que les enjeux de production, d’innovation et de souveraineté soient pris en compte dans la fixation des plafonds de remboursement. « Voir l’optique comme un simple produit de commodité va engendrer des problématiques de délocalisation et ouvrir la porte aux importations asiatiques », avertit Prûne Marre.
Le Gifo, qui fédère 120 fabricants, entend porter ces propositions au-delà de la seule filière. Son livre blanc doit notamment servir de base à une charte de santé visuelle destinée aux candidats à l’élection présidentielle de 2027.





