Face aux lunettes connectées, les Français se montrent intrigués et méfiants (enquête Cnil)
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Encore peu présentes dans les usages, les lunettes connectées sont déjà largement identifiées par les Français. Selon une enquête menée par Toluna – Harris Interactive pour la Cnil*, elles sont perçues comme une innovation mais suscitent réserves et inquiétudes. Voici les principaux enseignements du sondage, publié en parallèle d’une liste de bonnes pratiques pour les utilisateurs.
Les lunettes connectées ne sont plus un sujet de niche : 87 % des personnes interrogées en ont entendu parler (les hommes de 25-49 ans, les CSP+, les urbains et les personnes extrêmement connectées sont les plus au fait de ces dispositifs). Cependant, seuls 9 % ont eu l’occasion d’en tester.
Pour 47 %, ces produits constituent une innovation. 22 % en ont une vision plutôt négative et 20 % les perçoivent positivement. Dans le détail :
- 78 % des interrogés les voient comme une potentielle aide pour les personnes en situation de handicap (visuel ou auditif) ;
- 67 % trouvent qu’elles représentent un problème d’atteinte à la vie privée des personnes ;
- 65 % qu’elles représentent un danger pour les utilisateurs (distraction, visibilité réduite, etc.) ;
- 59 % qu’elles sont pratiques car elles permettent d’effectuer différentes tâches en gardant les mains libres ;
- 57 % les trouvent utiles pour certaines activités spécifiques (sport, santé, etc.).
1 Français sur 3 est tenté
A la question, « souhaiteriez-vous acquérir des lunettes connectées ? », 62 % répondent négativement, 36 % positivement et 1 % déclare en avoir déjà une paire. Pour les personnes souhaitant en acquérir, les promesses qui séduisent le plus sont : la traduction en temps réel de texte ou de conversation (93 %), l’orientation GPS (92 %), prendre des photos ou des vidéos (91 %), poser des questions à une IA (85 %), consulter des informations sur internet ou sur les réseaux sociaux (84%). (Le fait de jouer en réalité augmentée recueille moins d’engouement, avec seulement 62 % de ‘oui’.)
Les personnes ne souhaitant pas en faire l’acquisition déclarent à 65 % que cela ne leur servirait à rien, que c’est trop cher (49 %), qu’il existe un risque potentiel sur la santé (24 %). La sécurité des données personnelles est un motif plus secondaire (22 %).
Consensus sur l’aspect intrusif
Les inquiétudes se focalisent en particulier sur le droit à l’image et le consentement des personnes lorsqu’une photo ou une vidéo est prise via ces dispositifs (57 %), sur l’utilisation de l’IA à des fins de détournement, les deepfakes ou hypertrucages (37 %), ainsi que sur le vol ou la fuite des données recueillies par les lunettes (34 %). Le recours à des systèmes de reconnaissance faciale associés à ces lunettes comme l’envoi systématique des données sur les serveurs du fabricant ont été choisis par 26 % des répondants. Enfin, ils sont 12 % à avoir sélectionné le profilage et la publicité ciblée. De manière générale, l’enquête dégage un consensus sur l’aspect intrusif : 81 % des Français trouvent que les risques de prise de photos et vidéos sans consentement sont plus importants avec les lunettes qu’avec un smartphone. Près de 9 sur 10 souhaiteraient être informés, sans qu’une modalité soit plébiscitée de manière tranchée (29 % par un voyant lumineux, 26 % par une association de plusieurs signaux, 23 % par une notification sur le smartphone, 18 % par un signal sonore).
Sur la base des résultats de cette enquête, la Cnil appelle à une vigilance collective renforcée, lance des travaux afin d’évaluer la conformité des lunettes connectées en matière de protection des données personnelles, et publie une liste de bonnes pratiques pour les utilisateurs de ces produits (voir notre article : « Lunettes connectées : la Cnil alerte sur les risques éthiques, lance un plan d’action et publie des bonnes pratiques »)



*Enquête réalisée en ligne, du 22 au 29 janvier 2026, auprès d’un échantillon de 2 128 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans.







