La Fnof présente son projet pour répondre aux difficultés de la profession et améliorer l’accès aux soins

Publié le 05/11/2026

Partager :

Lors de son séminaire qui s’est tenu le 2 novembre à Paris, la Fédération nationale des opticiens de France (Fnof) a dévoilé les principales orientations de son « Manifeste pour la santé visuelle », qui sera présenté aux pouvoirs publics et aux politiques en vue de l’élection présidentielle de 2027.

Le projet de la Fnof, présenté par son président Hugues Verdier-Davioud, souhaite en premier lieu faire évoluer la formation initiale des opticiens, afin d’« élargir leurs compétences pour mieux servir le patient sur son territoire ». Son schéma distingue deux voies. La première (après le bac pro) conduirait à un diplôme de qualification technique destiné aux fonctions support au diplôme d’exercice (technicien optique, atelier, impression 3D, lunettes connectées, remise en bon état d’usage, appui administratif…). La seconde reposerait sur un diplôme d’exercice universitaire à bac +3 (accessible après un bac scientifique), avec une 1e année commune aux formations d’opticien et d’orthoptiste, suivie de parcours spécifiques. Cette organisation permettrait de distinguer plus clairement les fonctions techniques des missions relevant du professionnel de santé (comme la délivrance de l’équipement). Le projet prévoit également des possibilités de poursuite d’études vers le master, le doctorat ou encore la R&D.

Le 2e objectif du Manifeste est de « désenclaver les territoires pour améliorer l’accès aux soins visuels pour tous ». La Fnof estime que le maillage territorial des magasins d’optique pourrait être davantage mobilisé pour répondre aux difficultés d’accès aux soins. Elle met en avant les contraintes économiques des structures de soins et des prescripteurs, notamment l’augmentation des coûts de fonctionnement et les difficultés à maintenir l’équilibre économique dans les zones sous-dotées. Son analyse présente ainsi l’opticien comme le « cœur de la solution », en soulignant qu’il est déjà implanté dans les territoires et peut constituer un relais pour les patients. Cela passerait notamment par le développement de prestations annexes pour compenser les pertes de marges sur les équipements.

Cet élargissement des compétences reposerait sur un parcours organisé autour de cinq « plots de santé », correspondant à différentes étapes de la vie : 9 mois – 3 ans, 5/6 ans, 16/18 ans, 40/42 ans, 60 ans et plus. L’ophtalmologiste interviendrait à chacune de ces étapes. Entre ces différents rendez-vous, l’opticien pourrait jouer un rôle d’accompagnement, de repérage et d’orientation, en coordination avec les autres professionnels de santé visuelle : la Fnof défend un accès direct à l’opticien entre deux jalons de ce parcours visuel, pour « recevoir, repérer, référer ».

Cette évolution s’accompagnerait d’une rémunération des prestations (réfraction, bilan de basse vision, suivi de la freination de la myopie, optimisation de l’acuité pour certains sports, examens, essais et manipulations en lentilles de contact, actions de prévention, RBEU…). Ces activités ne relevant pas toutes du même cadre professionnel, leur inscription dans une offre de prestations rémunérées nécessiterait, le cas échéant, de préciser les compétences requises, les conditions d’exercice et les modalités de financement.

Myopie
Zeiss

Newsletter

Créez votre compte
et recevez la newsletter quotidienne
d’Opticien Lunetier

S’inscrire

Écoles