Le marché de l’optique marque le pas (chiffres Drees)
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La consommation d’optique médicale a atteint 8,33 milliards d’euros en 2025, selon les Comptes de la santé publiés hier soir par la Drees. Sa progression se limite à 0,9 %, contre 2,9 % en 2024. Cette légère croissance est portée uniquement par les volumes.
Les ventes de lunettes et de lentilles correctrices ont progressé en 2025, mais à un rythme nettement moins soutenu que les années précédentes. Dans son édition 2026 des Comptes de la santé, consacrée aux dépenses de 2025, la Drees évalue la consommation d’optique médicale* à 8,331 milliards d’euros, contre 8,255 milliards en 2024, soit une hausse très limitée de 0,9 %. Ce ralentissement intervient après plusieurs années plus dynamiques : +5,7 % en 2023 puis +2,9 % en 2024. La nature de la croissance change également : en 2025, seuls les volumes ont progressé (de 0,9 %), les prix sont restés stables (en 2024, les volumes avaient progressé de 1,5 % et les prix de 1,4 %). Dans le détail, les verres restent de très loin le premier poste, avec 5,363 milliards d’euros de dépenses, en hausse de 1,1 %. Ils représentent 64,4 % du marché. Les montures pèsent 2,084 milliards d’euros (+0,4 %), soit 25 % de la dépense, et les lentilles correctrices 885 millions d’euros (+0,8 %), soit 10,6 %.

Le 100 % santé plafonne toujours sous les 6 %
Le panier A reste très minoritaire. Il représente 482 millions d’euros en 2025, contre 458 millions en 2024, soit une progression de 5,3 %. Sa part atteint 5,8 % de la consommation d’optique médicale. Dans ce panier, les verres représentent 396 millions d’euros (+5,2 %) et les montures 87 millions (+5,3 %). La consommation du panier A se compose à 82 % de verres et à 18 % de montures.
Les complémentaires financent près de 70 % de l’optique
L’optique médicale demeure l’un des postes pour lesquels l’intervention de l’AMO est la plus faible et celle des organismes complémentaires la plus élevée. Sur les 8,331 milliards d’euros consommés en 2025, les Ocam en financent 5,778 milliards, soit 69,4 %. Les ménages supportent 2,184 milliards, soit 26,2 %, tandis que la Sécurité sociale n’en finance que 367 millions, soit 4,4 %. En 2025, les complémentaires santé ont consacré à l’optique environ 84 euros par habitant. Sur ce poste, les dépenses qu’ils prennent en charge sont passées d’environ 5,6 milliards d’euros en 2024 à 5,8 milliards en 2025, soit une progression de 2,5 %, sensiblement supérieure à celle de la consommation totale d’optique.
La moyenne masque toutefois deux modèles de financement radicalement différents entre le 100 % santé et le marché libre. Sur les 482 millions d’euros du panier A, la Sécurité sociale en finance 310 millions (dont 216 millions pour la C2S) soit 64,3 %, et les organismes complémentaires 171 millions, soit 35,5 % (le reste à charge des assurés est bien sûr nul). Pour le panier B, sur les 6,964 milliards d’euros dépensés, la Sécurité sociale n’en finance que 52 millions, soit 0,7 %, contre 4,958 milliards pour les complémentaires (71,2 %) et 1,954 milliard pour les ménages (28,1 %).
Les lentilles correctrices, qui représentent 885 millions d’euros, sont quant à elles financées à 73,4 % par les complémentaires, à 26 % par les ménages et à seulement 0,6 % par la Sécurité sociale.

* La Drees comptabilise les produits remboursables, notamment les verres et montures, mais aussi les produits non remboursables comme la plupart des lentilles correctrices, ainsi que les dépenses d’entretien, de réparation et les éventuels suppléments facturés. Les solaires correctrices non remboursables et les lentilles cosmétiques sont exclues.




