Lunettes connectées : « Voir un voyant ne signifie pas consentir », alerte l’association e-Enfance / 3018

Publié le 10/09/2026

Partager :

Depuis le début de l’année, le 3018 (numéro national dédié aux victimes, témoins ou auteurs de harcèlement ou de violences numériques) a reçu une vingtaine de signalements de femmes filmées à leur insu, « dont la majorité impliquait des lunettes connectées Meta ».

La mécanique de ces vidéos fonctionne toujours selon le même schéma : « filmer discrètement des inconnues dans l’espace public, provoquer une situation embarrassante puis diffuser la séquence sur les réseaux sociaux pour générer de l’audience ». Présentées comme des micros-trottoirs ou des « pranks », les vidéos publiées principalement sur TikTok peuvent générer des audiences de plusieurs milliers de personnes. Naît alors une seconde forme de violence : à travers les commentaires publics et les messages privés pleuvent injures, insultes, menaces, etc.

L’association relate par exemple le cas d’une jeune fille filmée par des lunettes Meta à son insu lors de la Fête de la musique à Paris. « Après l’avoir abordée, l’homme lui pose des questions qui la mettent mal à l’aise, puis la suit dans la rue jusqu’à obtenir une réponse. La vidéo est ensuite diffusée sur TikTok, Instagram et X. La séquence devient virale. Par la suite, la jeune fille reçoit des commentaires haineux et des menaces de mort. »

Récemment, Meta a indiqué désactiver dorénavant la caméra lorsque le voyant lumineux présent sur la face (censé prévenir les personnes autour d’une captation) était masqué ou trafiqué. « Une réaction tardive alors que les risques liés à des lunettes capables de filmer presque à l’insu des personnes auraient dû être anticipés avant leur commercialisation », regrette l’association qui ne voit pas dans cette démarche une solution au problème : « Voir un voyant ne signifie pas consentir à la diffusion de son image. Et encore faut-il le voir, en comprendre la signification et avoir la possibilité de réagir. »

Pour Véronique Béchu, directrice de l’Observatoire de l’association e-Enfance /3018 : « Les victimes ne peuvent pas devenir le test grandeur nature de produits dont les usages abusifs auraient dû être mieux anticipés. » Elle appelle donc à « revoir l’encadrement de ces dispositifs dès leur conception. Et quand des créateurs font de l’humiliation d’inconnus leur fonds de commerce, les plateformes doivent appliquer une tolérance zéro et suspendre les comptes récidivistes ».

Myopie

Newsletter

Créez votre compte
et recevez la newsletter quotidienne
d’Opticien Lunetier

S’inscrire

Écoles