L’optique reste en 1ère ligne des restes à charge en santé

Publié le 06/11/2026

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L’étude « La complémentaire santé : coût pour les patients et inégalités », publiée le 5 novembre par la Drees, confirme le poids persistant de l’optique dans les dépenses directement supportées par les assurés.

En 2023, les dépenses de santé individualisables et présentées au remboursement de l’Assurance maladie obligatoire atteignaient en moyenne 3 150 euros par personne. L’AMO en prenait en charge 81 % et les Ocam 15 %. Après intervention de ces 2 financeurs, le reste à charge moyen s’établissait à 150 euros par personne sur l’année, dont 120 euros provenant de la liberté tarifaire (qui comprend les dépassements d’honoraires et le coût des équipements excédant les bases de remboursement de la Sécurité sociale, comme les lunettes ou les lentilles).

Selon ces données issues du modèle de microsimulation Ines-Omar*, les équipements optiques, dentaires et auditifs concentrent toujours près de la moitié du reste à charge après intervention des complémentaires santé. Ce constat témoigne à nouveau des limites du 100 % santé : la Drees relève notamment que le recours au panier sans reste à charge demeure faible en optique. En 2023, celui-ci ne représentait qu’« à peine 7 % de la dépense en verres ».

L’étude souligne également le poids important des restes à charge chez les personnes âgées. Pour les 70 ans ou plus, ils atteignent un total annuel de 290 euros, dont environ 50 euros pour les équipements optiques, 50 euros pour les prothèses dentaires et 40 euros pour les prothèses auditives (ces montants sont des moyennes calculées sur l’ensemble des personnes de cette tranche d’âge, qu’elles aient ou non acheté un équipement au cours de l’année. Ils ne correspondent donc pas au reste à charge moyen d’un acheteur de lunettes).

Des dépenses très inégalement réparties

La Drees met en évidence une forte concentration des dépenses restant à la charge des patients. Ainsi, 20 % de la population supportent 80 % du reste à charge total après remboursement des complémentaires. Pour les 80 % de personnes dont les restes à charge sont les plus faibles, la dépense moyenne atteint seulement 40 euros par an. Elle grimpe à 580 euros pour les 20 % supportant les restes à charge les plus élevés, et à 910 euros pour les 10 % les plus concernés. Les équipements optiques occupent une place majeure dans ces frais (200 euros pour les personnes appartenant au groupe des 20 % ayant les restes à charge les plus élevés).

Les disparités sont également corrélées au niveau de vie : les 10 % de personnes les plus modestes supportent un reste à charge annuel moyen de 80 euros, contre près de 250 euros pour les 10 % les plus aisées. Les ménages modestes consomment en effet moins de soins et d’équipements avec liberté tarifaire (en raison des contraintes financières) et les bénéficiaires de la C2S disposent de protections spécifiques.

L’analyse montre enfin que les seniors sont davantage exposés. Le reste à charge moyen après remboursement des Ocam passe de 80 euros chez les 20-39 ans à 150 euros chez les 40-59 ans, puis à 220 euros chez les 60-69 ans et 290 euros à partir de 70 ans. Cette progression s’explique par l’augmentation des dépenses de santé, mais aussi par la nature des contrats souscrits, les retraités étant majoritairement couverts par des contrats individuels, dont les garanties sont généralement moins protectrices que les contrats collectifs.

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Les complémentaires privées réduisent peu les inégalités

Ce rapport met en lumière une différence importante entre les effets redistributifs de l’AMO et ceux de l’AMC. Selon la Drees, l’Assurance maladie obligatoire contribue à réduire les inégalités de niveau de vie grâce à des prestations qui varient relativement peu selon les revenus. À l’inverse, les Ocam exercent un effet redistributif très limité entre les différentes catégories de revenus. Les cotisations et les prestations augmentent globalement avec le niveau de vie, sans entraîner de transferts significatifs entre ménages aisés et modestes. L’étude souligne en outre que les aides socio-fiscales à la souscription d’une complémentaire santé bénéficient davantage aux ménages aisés, notamment par l’intermédiaire des contrats collectifs d’entreprise.

*L’outil de microsimulation pour l’analyse des restes à charge (Omar) permet de simuler au niveau individuel le partage de la dépense entre la Sécurité sociale, l’Ocam et le patient. Le modèle Ines-Omar, issu du rapprochement avec l’outil Ines qui simule la législation socio-fiscale, analyse la redistribution opérée par l’Assurance maladie sous l’effet des financements et des prestations.

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d’Opticien Lunetier

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