Télé-expertise : Lyleoo conteste les accusations et défend son modèle
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Mise en cause par un article publié le 17 février par Le Point, la société Lyleoo publie un communiqué pour se défendre « des termes erronés, biaisés et calomnieux » dont elle a fait l’objet.
L’article citait Lyleoo* dans une liste de 8 opérateurs de télé-expertise présentés comme des acteurs d’un « système D » visant à « détourner les règles » et « s’apparentant à un achat d’ordonnances ». La société réfute catégoriquement ces accusations et indique ne pas avoir été contactée pour s’en défendre. Elle rappelle son fonctionnement, qui repose sur « la mise en relation des opticiens et des ophtalmologistes en vue de permettre à des patients, notamment dans les territoires médicalement sous-dotés, de bénéficier d’un avis d’expert sur leur santé visuelle. Concrètement, l’opticien-lunetier, professionnel de santé, collecte des données de santé (réfraction et données médicales) et les transmet à un ophtalmologiste choisi par le patient pour que celui-ci rende un avis d’expert qui peut être un message de prévention personnalisé, une orientation vers un autre professionnel de santé si nécessaire (avec organisation de la continuité des soins) ou une prescription médicale si l’ophtalmologiste, en toute indépendance, juge qu’il n’y a pas de contre-indication ».
Lyleoo insiste sur le fait que, contrairement à ce que suggère l’article du Point en citant le président du Snof, « la délivrance d’une ordonnance n’a rien d’automatique, les médecins ophtalmologistes étant payés pour leur travail qu’ils émettent ou non une ordonnance ».
La société replace le débat dans le contexte de l’accès aux soins visuels. Elle souligne que 55 départements français sont en déficit d’ophtalmologistes et que, selon les données du Conseil national de l’Ordre des médecins, la densité moyenne d’ophtalmologistes est passée de 9 pour 100 000 habitants en 2010 à 5,96 en 2025, soit une baisse de près de 34 % en 15 ans. Dans les zones sous-dotées, la télé-expertise constituerait, selon Lyleoo, « le seul moyen d’avoir l’avis médical d’un ophtalmologiste dans des délais raisonnables. Et ce service, qui n’est pas facturé à la Sécurité sociale, n’impacte pas les finances publiques ».
Lyleoo estime que l’amalgame opéré dans l’article jette la suspicion sur l’ensemble d’un modèle « qui est pourtant un rouage devenu essentiel du parcours de soins coordonné, au bénéfice de la santé des Français ». L’entreprise invite le Snof à « concentrer son action sur les dérives des centres de santé en ophtalmologie, toujours bien présentes et extrêmement couteuses pour les comptes de la Sécurité sociale » et « à mobiliser son énergie afin de stopper le développement de pratiques qui consistent à voir des médecins généralistes délivrer des ordonnances d’équipements optiques en n’ayant presque aucune information sur le patient ».
*Le nom de l’entreprise a depuis été retiré de l’article et la publication du journaliste modifiée sur les réseaux sociaux.






