Traçabilité des verres et fraude : le Rof pointe du doigt la solution des réseaux de soins

Publié le 10/02/2026

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Le Rassemblement des opticiens de France (Rof) réagit à la mise en place par l’APFS (qui réunit les réseaux de soins) d’une solution contrôlant la traçabilité des verres correcteurs afin de mieux lutter contre la fraude. Le syndicat signe un communiqué appelant à une gouvernance collective et transparente, avec un cadre de suivi indépendant. 

Le Rof estime que, contrairement à ce qu’affirme l’APFS, l’outil déployé par Itelis, Kalixia, Santéclair et Sévéane n’est pas une solution de place. « Les éléments communiqués indiquent un déploiement progressif ‘au rythme de chacun des réseaux’. En l’état, il s’agit donc principalement de l’évolution et de l’extension d’une solution déjà opérationnelle depuis plusieurs années dans un cadre de réseau, et non d’un standard universel immédiatement applicable à l’ensemble des 16 000 opticiens et, au-delà, à l’ensemble de la filière (verriers/industriels, financeurs, éditeurs de logiciels) », explique le syndicat.

Pour l’organisation, une véritable solution de place répond aux critères suivants : un référentiel commun ouvert et interopérable, utilisable quel que soit le réseau (ou l’absence de réseau) ; des modalités de déploiement non conditionnées à des logiques d’adhésion, de conventionnement ou de pilotage propres à un acteur ; une gouvernance partagée et des règles d’accès transparentes, garantissant une égalité de traitement entre professionnels. Le Rof demande donc que les spécifications du dispositif et ses conditions d’usage soient partagées publiquement, et que ses garanties de sécurité, d’intégrité et de gouvernance soient clairement documentées. « Cette clarification doit s’inscrire dans un échange transparent associant l’ensemble des parties prenantes. »

Le syndicat rappelle proposer, depuis plusieurs années, la co-construction d’une solution partagée et interopérable avec tous les acteurs de la filière. « Certains réseaux et organismes de tiers payant ont d’ailleurs participé activement en 2024, à des travaux de définition d’une solution commune. » Le Rof regrette cependant que l’APFS privilégie, selon son annonce, un dispositif où les plateformes et les Ocam jouent un rôle central de pilotage et de contrôle, ce qui soulève des questions sur le risque d’un contrôle des professionnels de santé par les assureurs, contraire à l’intérêt des patients. L’organisation rappelle également que le rapport Igas de 2017 sur les réseaux de soins pointait le manque de données pour évaluer le rôle de régulateur des réseaux dans les parcours de soins, et recommandait un dispositif structuré de suivi et d’évaluation.

Pour une traçabilité universelle, ouverte et coconstruite

Le Rof se déclare favorable à une lutte contre la fraude organisée entre tous les acteurs : opticiens (adhérents de réseaux ou non), verriers et financeurs. Il porte en ce sens « le développement d’une solution fondée sur un standard universel, intégrable dans les logiciels métier, et accessible via webservices/API ». Après des tests jugés concluants, cette approche (présentée au dernier Silmo, ndlr) fait l’objet d’une phase pilote qui se déroulera tout au long de 2026 et inclut des magasins Alain Afflelou, Atol, Optic 2000, Optical Center et Krys Group (d’autres acteurs pourront rejoindre le projet).

Le syndicat appelle ainsi les Ocam et les plateformes de santé à « ne pas présenter comme ‘solution de place’ un dispositif dont le déploiement demeure conditionné à des logiques de réseau, excluant de fait certains acteurs de la place » et « à mettre en place une concertation de filière autour d’un standard commun, universel et interopérable, assorti d’une gouvernance réellement partagée et d’engagements de transparence ».

Myopie

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d’Opticien Lunetier

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