Télémédecine : le gouvernement veut déployer la télé-expertise en limitant les dérives
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La synthèse des Assises de la télémédecine a été livrée hier 26 janvier par Stéphanie Rist, ministre de la Santé. Ce travail axé sur la co-construction (concertation nationale, auditions, ateliers en région) doit déboucher sur une feuille de route 2026-2028, dont l’objectif est de renforcer l’égal accès aux soins dans tous les territoires et de conforter la télémédecine dans les pratiques professionnelles.
Les détails de la feuille de route restent à préciser mais ses quatre piliers sont d’ores et déjà listés. Le premier axe de travail est le développement des compétences des professionnels de santé en matière de télémédecine et de télé-sémiologie. Si ces thématiques sont déjà présentes dans la formation initiale et continue, le gouvernement souhaite les renforcer et améliorer leur structure, en lien avec les universités et les sociétés savantes.
La deuxième priorité est de renforcer la place de la télémédecine dans le suivi et le parcours des patients, notamment ceux atteints de pathologies chroniques. Les sociétés savantes seront missionnées pour élaborer de nouvelles recommandations, sous l’égide de la HAS. Celles-ci porteront à la fois sur le recours à la téléconsultation dans le suivi des maladies chroniques et le développement de la télé-expertise, avec la définition de standards communs destinés à harmoniser les dossiers transmis entre professionnels de santé. Il est également prévu un « déploiement massif » de la télé-expertise entre médecins généralistes et spécialistes. Les établissements de santé et les équipes de soins spécialisées seront mobilisés afin de permettre, à terme, l’accès à une expertise spécialisée dans chacune des futures maisons France Santé.
Le troisième axe sera le déploiement de la téléconsultation au bénéfice des publics les plus vulnérables. Sont particulièrement visés les patients sans médecin traitant, vivant dans des territoires sous-denses, en situation d’isolement ou dans l’incapacité de se déplacer. Plusieurs leviers sont envisagés : des dérogations ciblées au seuil des 20 % de téléconsultations, en fonction de la situation des médecins (retraités, remplaçants, événements de vie particuliers) ou de tensions saisonnières sur l’offre de soins ; le développement de la téléconsultation accompagnée dans les établissements et services médico-sociaux ; la possibilité pour les assistants médicaux d’accompagner les téléconsultations réalisées avec le médecin traitant ; la création d’un annuaire des bornes de téléconsultation accessibles aux personnes en situation de handicap.
Enfin, la feuille de route entend mieux encadrer les pratiques afin de limiter les dérives. Les lieux d’implantation des équipements feront l’objet d’un encadrement renforcé, sur la base des recommandations publiées par la HAS en 2024. Une obligation de déclaration préalable auprès des ARS sera mise en place, avec information des CPAM et des CPTS.
Notons que cette feuille de route dessine des axes stratégiques très généraux et laisse une large marge d’interprétation. Aucune mention spécifique n’a été faite quant à la santé visuelle (à laquelle a pourtant été consacré un atelier, certes décevant pour les opticiens), pourtant concernée au premier chef par les problématiques d’accès aux soins.








