Formation continue obligatoire : un nouveau cycle s’ouvre pour votre DPC
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Les opticiens viennent d’entrer dans une nouvelle période triennale de Développement professionnel continu (DPC), qui courra jusqu’à fin 2028. Ce cycle s’ouvre sur fond de disparition de l’ANDPC, qui ne devrait cependant pas avoir d’impact immédiat direct pour la profession.
Le nouveau triennal DPC s’est ouvert le 1er janvier 2026 et s’achèvera le 31 décembre 2028. Dans ce délai, tous les professionnels de santé, y compris les opticiens, doivent s’engager dans au moins 2 des 3 types d’actions prévus par le dispositif : formation, évaluation des pratiques professionnelles (EPP), gestion des risques. Pour être « validées DPC », ces actions doivent être en lien avec des orientations nationales ciblées et décidées, pour chaque secteur, par les pouvoirs publics. Pour cette année, le ministère de la Santé a prorogé celles en vigueur lors de la précédente période. Elles sont au nombre de quatre : traitement de la basse vision, traitement des troubles visuels chez l’enfant, perfectionnement de la pratique de la réfraction, optimisation des capacités visuelles au travail.
Chacune de ces orientations est accompagnée d’une fiche de cadrage publiée sur le site de l’Agence nationale du DPC, qui liste les objectifs de transformation des pratiques, des processus ou des résultats de soins, ainsi que les éléments de programme devant être intégrés aux modules de formation.
Selon les derniers chiffres publiés par l’ANDPC (arrêtés au 31 décembre 2024), les opticiens-lunetiers disposent de 361 organismes de DPC (ODPC), dont 28 leur sont exclusivement destinés. Au total, 130 actions leur sont proposées (81,5 % sont mono-professionnelles) : 96 relèvent de la formation continue, 7 de l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) et 27 intègrent ces 2 volets. 57 % se font en présentiel, 24 % en format mixte, 14,5 % en classe virtuelle et 4,5 % en non-présentiel. La plupart d’entre elles s’adressent à la fois aux propriétaires de magasins et aux salariés (seulement 24 % s’adressent exclusivement aux salariés et moins de 1 % aux propriétaires). Les actions durent généralement (pour 72 % d’entre elles) entre 7 et 14 heures.
Soulignons que la disparition future de l’ANDPC, annoncée fin novembre par le ministère de la Santé (sans qu’une date soit cependant précisée), suscite de vives inquiétudes dans le secteur de la santé. En effet, cette agence organise jusqu’ici le DPC, mais le finance aussi en grande partie pour les professionnels libéraux. Sa dissolution va provoquer un éclatement de ses missions et une incertitude quant à la gestion des fonds qui lui sont alloués jusqu’ici. La Direction générale de l’offre de soins envisagerait un transfert de ses fonctions scientifiques (dont l’évaluation de la qualité des formations proposées) vers la Haute autorité de santé et de ses fonctions financières vers France Compétences ou un autre opérateur. Mais pour les opticiens, cette réforme ne devrait rien changer, du moins pas à court terme, car le financement de tout ou partie de leurs actions DPC ne relève pas de cette agence, mais des dispositifs classiques (Opco, CPF, prise en charge par l’employeur pour les salariés…).
L’obligation de DPC est, quoiqu’il en soit, maintenue pour toutes les professions de santé. Elle concerne tous les opticiens diplômés, quel que soit leur statut. Son respect est contrôlé par l’employeur si l’opticien est salarié ou par l’ARS (tous les 5 ans) s’il est propriétaire. En cas de manquement, des sanctions sont prévues, notamment l’obligation de suivre une formation DPC dans un délai donné. Sur le long terme, les contrevenants risquent une amende et l’interdiction d’exercer.
Il n’existe pas de chiffres précis concernant le nombre d’opticiens ayant respecté leur obligation DPC lors de la précédente période triennale, mais certaines données portent à croire qu’il est faible. Au 31 décembre 2024, seuls 9 531 d’entre vous avaient ouvert un compte sur l’espace « mondpc.fr » : ce chiffre n’est cependant qu’un indicateur car il est possible, pour la profession, de réaliser des formations DPC sans passer par cette démarche.
Crédit photo : Vanessa Garcia / Pexels








