Myopie de l’enfant : mieux anticiper pour une prise en charge personnalisée
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Le Pr Nicolas Leveziel, chef du service d’ophtalmologie du CHU de Poitiers, a publié dans la revue internationale BMJ Open Ophthalmology de nouvelles conclusions cliniques, qui pourraient changer l’approche des verres de freination.
Menée auprès de 723 enfants suivis sur plusieurs années grâce aux données pseudonymisées de Krys Group, cette étude « démontre pour la première fois qu’il est possible de prédire la réponse d’un enfant aux verres de freination et d’identifier dès le départ les profils nécessitant une combinaison de traitements ».
Les scientifiques ont cherché à comprendre les facteurs qui conditionnent l’efficacité des dispositifs en conditions réelles, à travers une cohorte de 723 enfants âgés de 4 à 14 ans suivis sur 24 à 36 mois. Grâce à une modélisation statistique avancée (LCGM), trois trajectoires distinctes de progression de la myopie ont été identifiées : stabilisation (-0,05 D/an), progression modérée (-0,31 D/an) et progression persistante (-0,58 D/an en moyenne).
« Les résultats démontrent que les verres de freination (technologies DIMS ou HAL) sont très efficaces dans plus de 91 % des cas (49,8 % des enfants traités avaient une progression moyenne de moins de 0,25 D à 3 ans environ et 41,9 % des enfants avaient une évolution moyenne inférieure à 1 D à 3 ans).
En revanche, 8,3 % des enfants présentent une progression rapide de 1,8 D à 3 ans, et pour eux, les verres seuls ne sont pas suffisants », explique Krys Group dans un communiqué.
Les scientifiques recommandent donc que la prise en charge s’adapte « directement au profil de progression de chaque enfant. Ainsi, chez les enfants dont la myopie progresse de moins de 1 D/an sans autre facteur de risque, le traitement par les verres de freination DIMS et HAL permettrait souvent de contrôler efficacement l’évolution de la myopie.
En revanche, pour les enfants dont la myopie progresse de plus de 1 D/an avant la mise en route d’un traitement freinateur – identifiés comme étant les enfants les moins bons répondeurs dans cette étude – l’utilisation en première intention des verres de nouvelle génération (Miyosmart IQ et Stellest 2.0) ou un traitement combinant les verres freinateurs classiques à un traitement par collyre à l’atropine à faible concentration pourraient être recommandés. »
« Ces résultats ouvrent une nouvelle perspective dans la prise en charge de la myopie de l’enfant : mieux anticiper son évolution pour mieux agir. En identifiant rapidement les profils d’enfants les plus susceptibles de voir leur myopie progresser, nous pouvons envisager une prise en charge plus personnalisée et adapter plus précisément le traitement et l’équipement. Avec cette base de données inédite, Krys Group apporte une contribution concrète à la recherche et participe à faire progresser l’expertise de l’ensemble des professionnels de santé visuelle dans le domaine de la myopie de l’enfant », explique le Pr Nicolas Leveziel, du CHU de Poitiers.




