Commerce physique : l’optique est mieux armée que d’autres secteurs

Publié le 28/08/2026

Partager :

Dans un rapport publié en juillet et consacré au phénomène de « décommercialisation », le Sénat s’inquiète de l’avenir du commerce physique et formule diverses pistes pour le préserver. Plusieurs mutations identifiées par les élus – vieillissement, essor des services et de la santé, importance du conseil – sont particulièrement favorables à l’activité des opticiens.

La « décommercialisation » gagne du terrain. En 2025, 11,6 % des locaux commerciaux étaient vacants en France, contre 8,8 % en 2017. Ce taux atteint 11,7 % en pied d’immeuble dans les centres-villes et 16,8 % dans les centres commerciaux. En effet, le modèle phare des années 1990 et 2000, organisé autour du shopping et des magasins d’équipement de la personne, s’essouffle. Les consommateurs privilégient aujourd’hui, selon le rapport, les services, le bien-être, la santé et les loisirs.

Cette tendance est notamment due au vieillissement de la population, qui modifie progressivement les besoins. Le Sénat voit ainsi la santé comme un moyen de recréer des flux dans les centres-villes, en encourageant l’installation des médecins et services de santé. Les auteurs du rapport invitent en parallèle les commerçants à développer le conseil et le contact humain pour tenir la concurrence avec l’e-commerce : ils citent notamment le « test du produit in situ », les conseils dans le choix, la personnalisation, la réparation rapide ou encore le service après-vente, soit tous les services que proposent déjà les opticiens.

Les sénateurs mentionnent précisément notre secteur pour évoquer la seconde main, qu’ils présentent comme une tendance de fond (ce marché a doublé entre 2019 et 2024 pour atteindre 14 milliards d’euros, hors automobile) à développer dans les magasins. Elle touche « de plus en plus des secteurs tels que les jouets, les livres ou l’optique » et les enseignes physiques commencent à développer leurs propres offres d’occasion, même si cette activité est encore « à la recherche de son modèle économique ».

Alléger le poids des loyers, très élevés en optique

Les loyers constituent, selon les rapporteurs, le deuxième, voire le premier poste de dépenses après le personnel. En moyenne, ils absorbent 15 % du CA des commerçants locataires et les opticiens subissent un taux d’effort encore plus élevé, tout comme dans le textile de détail, où il peut atteindre 20 %, contre environ 8 % dans l’équipement de la maison. Cette charge devient particulièrement problématique lorsque la fréquentation et le CA diminuent. Les sénateurs proposent ainsi de faciliter la révision des loyers commerciaux en cours de bail et de limiter les hausses excessives lors de leur renouvellement. Cette mesure figure parmi les principales recommandations du rapport.

Myopie

Newsletter

Créez votre compte
et recevez la newsletter quotidienne
d’Opticien Lunetier

S’inscrire

Écoles