L’Ordre des médecins rappelle les limites de la télémédecine en santé visuelle (et en exclut les opticiens)

Publié le 22/06/2026

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Dans son rapport 2026 consacré à la télémédecine, publié le 19 juin, le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) consacre un chapitre spécifique à la télé-ophtalmologie. L’organisation y réaffirme plusieurs principes destinés à encadrer le développement des pratiques à distance – téléconsultation et télé-expertise – et met en garde contre les dérives qui tendrait à réduire l’examen visuel à une simple mesure de réfraction.

Le Cnom rappelle en premier lieu qu’une téléconsultation en ophtalmologie ne peut être dissociée de la recherche d’une pathologie oculaire. Il s’appuie notamment sur les recommandations du Conseil national professionnel d’ophtalmologie (CNPO) relatives à la téléprescription d’une correction optique. Celles-ci précisent qu’une ordonnance de lunettes résulte non seulement de l’analyse de la réfraction mais également du dépistage de pathologies susceptibles de la modifier (cataracte, pathologies rétiniennes, kératocône…). « Il n’est pas rare qu’un patient venu a priori pour un changement de lunettes avec ou sans baisse de vision présente une pathologie oculaire associée, ce que la réfraction optique seule ne pourra ni détecter ni corriger », souligne le document. Pour l’Ordre des médecins, se limiter à l’interprétation d’une mesure d’acuité visuelle ou de réfraction pourrait ainsi être source de perte de chance pour le patient. 

Le rapport rappelle également que les examens réalisés en l’absence physique d’un ophtalmologiste et interprétés à distance doivent être effectués par des orthoptistes et seulement dans le cadre de protocoles (protocoles organisationnels ou protocoles RNO et RNM). Ces « délégations ne peuvent être effectuées qu’à l’attention d’un orthoptiste (et non à un opticien), et les bilans visuels à distance ne sont pas prévus pour les patients de plus de 50 ans ni pour ceux de moins de 6 ans », insiste le Cnom, en précisant qu’un ophtalmologiste ne peut pas prescrire à distance une correction optique sans s’inscrire dans ces cadres sous peine d’engager sa responsabilité disciplinaire.

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d’Opticien Lunetier

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