Tous les opticiens peuvent désormais réaliser des réfractions et délivrer des lunettes en Ehpad
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Publié au Journal officiel du 14 juin 2026, le décret n° 2026-507 du 12 juin 2026 autorise les opticiens-lunetiers à intervenir au sein des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Il fait suite à l’expérimentation menée depuis 2022 dans les régions Centre-Val de Loire et Normandie.
Le texte modifie le Code de la santé publique en y introduisant un nouvel article (D. 4362-22). Celui-ci autorise l’opticien-lunetier à « réaliser les actes professionnels relevant de sa compétence » dans les Ehpad. Cette disposition crée une dérogation à l’article D. 4362-18, qui l’oblige, pour une réfraction, à recevoir le patient dans l’enceinte du magasin ou dans un local y attenant.
Elle fait suite à la loi du 5 février 2019 visant à améliorer la santé visuelle des personnes âgées en perte d’autonomie, qui avait mis en place une expérimentation dans deux régions, le Centre-Val de Loire et la Normandie. Les retours de celle-ci ayant été jugés positifs, le gouvernement (pressé par certains élus) a pris le parti de généraliser ce dispositif, en l’encadrant a minima : « Pour chaque intervention, l’opticien-lunetier adresse un compte rendu au patient, au médecin prescripteur, au médecin coordonnateur et le cas échéant au médecin traitant, par tout moyen garantissant la confidentialité des informations transmises », précise le nouvel article.
Le décret entre en vigueur aujourd’hui 15 juin. Sa formulation courte et laconique, qui peut surprendre, lui offre une portée particulièrement large. Le texte vise « les actes professionnels relevant de [la] compétence » de l’opticien, sans les énumérer. Cela couvre donc l’examen de réfraction, la possibilité d’adaptation dans les conditions habituelles et la délivrance d’équipements optiques. Contrairement au régime expérimental, où chaque opticien devait être individuellement autorisé par le directeur général de l’ARS, le nouveau texte ne prévoit pas un tel filtre. Le dispositif est donc directement applicable et universel.
Notons cependant que des précisions opérationnelles pourraient être apportées ultérieurement, sous la forme de recommandations professionnelles, de protocoles d’établissement ou de consignes émanant des pouvoirs publics. Le modèle économique est également inconnu : les opticiens engagés dans l’expérimentation intervenaient depuis 2022 sans compensation financière spécifique pour leurs déplacements. La question de la prise en charge de ces interventions reste donc en suspens.
Pour lire le décret n° 2026-507 du 12 juin 2026, cliquez ici.









