La téléconsultation séduit d’abord les jeunes et les citadins

Publié le 19/02/2026

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Selon une étude publiée ce mois-ci par la Drees, la téléconsultation est davantage adoptée par les moins de 45 ans, les personnes diplômées et les habitants des grandes villes. Ces données, qui ne distinguent cependant pas les différentes spécialités, vont à l’encontre de l’idée selon laquelle cette pratique serait plébiscitée dans les déserts médicaux.

L’enquête*, qui porte sur les années 2023 et 2024, montre que la téléconsultation reste une pratique minoritaire mais installée : 15 % des personnes âgées de 18 ans ou plus y ont eu recours durant les 12 derniers mois. Dans 77 % des cas, la consultation s’est déroulée en visioconférence. Après le pic observé durant la crise sanitaire, le nombre de consultations à distance a diminué : en 2023, elles représentaient 2,2 % des consultations réalisées par les médecins généralistes libéraux, soit 5,4 millions d’actes, contre plus de 9 millions en 2021, au cœur de la pandémie de Covid-19. En 2024, la téléconsultation se positionnait donc davantage comme une option que comme une nécessité.

La principale raison évoquée par les patients pour recourir à la téléconsultation est le délai d’attente jugé trop long pour obtenir un rendez-vous en présentiel (43 %). L’urgence de la demande arrive en deuxième position (33 %), suivie par la nature même du besoin : 20 % évoquent un renouvellement d’ordonnance ou l’obtention d’un certificat médical.

Ceux qui n’utilisent pas cette pratique déclarent massivement préférer consulter leur médecin en face à face (67 % des répondants). Ils avancent ensuite, à parts égales (25 %), des raisons pratiques : leur médecin ne propose pas de consultation à distance ou le motif de la consultation impose une rencontre physique. Les freins d’ordre technique sont, eux, peu cités : seulement 9 % mentionnent des difficultés d’usage du numérique, ils sont autant à se montrer inquiets sur la sécurité des données.

Motifs téléconsultation

Ecarts générationnels marqués

En 2024, 23 % des moins de 45 ans déclaraient avoir eu recours à la téléconsultation au cours de l’année écoulée, contre 14 % des 45-59 ans et seulement 6 % des 60 ans ou plus. Les utilisateurs sont en moyenne plus jeunes, plus diplômés et résident plus souvent dans de grands centres urbains. 21 % des citadins ont utilisé la téléconsultation, contre 10 % des habitants des zones rurales. Les femmes y recourent davantage que les hommes, tout comme les familles monoparentales.

Enfin, si ces indicateurs montrent que la téléconsultation ne constitue pas encore un outil majeur de lutte contre les déserts médicaux, les Français interrogés estiment majoritairement qu’elle devrait contribuer à cet objectif, même s’ils considèrent qu’elle « déshumanise la relation entre le patient et le médecin ».

Opinion téléconsultation

*Drees, « Les jeunes, les diplômés et les habitants des grandes villes recourent davantage aux téléconsultations », Études et Résultats n° 1366, février 2026.

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