Télé-expertise : « Les opticiens vont se retrouver seuls face aux risques médico-judiciaires », déclare le Snof

Publié le 16/01/2026

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A l’occasion de la conférence de presse présentant le 132ème congrès de la SFO (du 9 au 11 mai 2026 au Palais des Congrès de Paris), le Dr Vincent Dedes, président du Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France), a fait le point sur l’actualité de la profession, notamment sur le développement des solutions de télé-expertise et les relations entre les 3 O. 

Le président du Snof a dénoncé, une nouvelle fois, le « détournement de la télémédecine » par les solutions de « pseudo télé-expertise en magasin afin d’obtenir des ordonnances de lunettes et de lentilles ». Elles seraient utilisées par 1 500 points de vente, malgré le fait que les syndicats d’opticiens considèrent ces pratiques comme non conformes. « Des procédures judiciaires et ordinales sont en cours, ce qui permettra de clarifier les choses. Une de ces plateformes a été placée en redressement judiciaire (Sym Optic, ndlr). Les opticiens utilisateurs de ce type de ‘guichet à ordonnance’ vont se retrouver seuls face aux risques médico-judiciaires, surtout que leurs contrats précisent de manière surprenante que ces plateformes commerciales déclinent toute responsabilité en cas de non-conformité. » Le Snof espère que les conclusions des Assises de la télémédecine, qui devraient être publiées incessamment sous peu, permettront de clarifier les pratiques.

Vincent Dedes a également abordé le sujet de l’adaptation des primo-prescriptions par les opticiens qui, suite à une décision du Conseil d’Etat, est désormais assujettie à l’accord écrit du prescripteur, sans condition de délai. « Avec la Fnof et le Rof, nous sommes en cours de construction de solutions faciles et sécurisantes pour les patients afin de fluidifier les échanges entre les prescripteurs et les opticiens. L’utilisation du DMP est complexe, car les opticiens n’y ont pas pour l’instant de droits d’inscription. En attendant une évolution sur ce point, des logiciels arrivent et se mettent place », a-t-il expliqué, en affirmant que les temps de réponse actuellement observés sont rapides. « Selon des sondages réalisés par les syndicats d’opticiens, les ophtalmos répondent dans les 24 à 48 heures la plupart du temps », lorsqu’ils sont sollicités dans le cadre d’une adaptation de primo-prescription.

En ce qui concerne les centres de santé ophtalmologiques, le Snof se réjouit de la réduction de leur nombre (-15 %), consécutive à la mise en œuvre de la loi sur leur encadrement qui a permis de fermer ou de déconventionner les établissements responsables de fraudes. Selon Vincent Dedes, 200 centres sont encore dans le viseur des pouvoirs publics. La possibilité d’implication et la mise en responsabilité des professionnels de santé exerçant dans des centres frauduleux, prévues par le projet de loi fraudes, « devraient également freiner leur développement », espère-t-il.

Enfin, le syndicat a affirmé son soutien et sa participation au mouvement de protestation des médecins face aux menaces que représentent la LFSS 2026 et certaines propositions parlementaires. Il dénonce notamment une « remise en cause du dialogue paritaire qui fragilise l’ensemble des modes d’exercice » et la « pénalisation du cumul emploi-retraite, incompréhensible et contre-productive ». Il a ainsi salué la prise de parole de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, qui a montré aujourd’hui plusieurs signes d’ouverture, comme la proposition d’une suppression des mesures permettant des baisses unilatérales de tarifs inscrites dans la LFSS 2026, et l’adaptation des modalités de prise en compte de l’activité réalisée par les médecins en cumul emploi-retraite.

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d’Opticien Lunetier

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