Les ophtalmologistes demandent plus d’éthique et des règles professionnelles pour les opticiens

Publié le 07/07/2023

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Le Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France) a présenté aujourd’hui les détails de sa récente enquête sur le travail aidé, dont les principaux enseignements ont été dévoilés au dernier Congrès de la SFO. A cette occasion, l’organisation a rappelé ses priorités pour l’avenir de la filière de santé visuelle, qui incluent des échanges systématiques avec les opticiens et un meilleur encadrement de la profession.

Le Snof liste 6 chantiers prioritaires à mettre en œuvre, dont deux concernent directement les opticiens :

  • L’optimisation de la coordination entre les « 3 O » : les ophtalmologistes insistent ici sur l’éthique du parcours de soin qui doit être construit dans l’intérêt du patient avant tout. Le syndicat souhaite une application effective des nouvelles mesures concernant les orthoptistes et l’amélioration du renouvellement des équipements optiques chez l’opticien, « sous condition d’un vrai échange d’information en retour, notamment au travers d’outils numériques comme l’e-prescription et la messagerie sécurisée ».
  • L’instauration d’un dispositif de règles professionnelles pour les opticiens et les orthoptistes, conformément à ce qui est prévu depuis 2010 dans le code de la Santé publique. Le Snof avait déjà formulé cette demande en 2021, ce qui avait alors provoqué des réactions de l’AOF (Association des optométristes de France) et du SNAO (Syndicat national autonome des orthoptistes), qui y voyait une « tentative de domination ».

« Des magasins se présentent comme des cabinets médicaux »

Les autres priorités du Snof sont :

  • La mise en place d’un plan de déploiement de sites principaux et secondaires en ophtalmologie dans les zones sous-dotées, avec des mesures conventionnelles incitatives assurant une présence effective suffisante d’ophtalmologistes et incluant la télémédecine, laquelle doit s’insérer dans un parcours de soins avec du présentiel.
  • La lutte contre la financiarisation en cours de l’ophtalmologie, notamment via la suppression des offres de télémédecine dans les supermarchés et les magasins : « Dans certains points de vente, on observe des ordonnances de complaisance, établie sans contrôle de l’ophtalmologiste sur la seule base de la réfraction de l’opticien. C’est une forme de contournement de la législation qu’il faut régler. Des magasins d’optique proposant la téléconsultation se présentent comme des cabinets médicaux sur Doctolib, qui le tri. Par ailleurs, mettre du matériel de consultation dans des structures commerciales nous paraît saugrenu», a expliqué Thierry Bour, président du Snof.
  • Développer toujours plus le travail aidé en équipe pluriprofessionnelle.
  • Améliorer la démographie des ophtalmologistes.

Le Snof rappelle que le travail aidé joue un rôle primordial dans l’amélioration des délais de rendez-vous qui, selon son analyse, ont été réduits significativement en quelques années : le délai médian pour une consultation périodique (non urgente) est passé, d’après ses statistiques, de 66 jours en 2017 à 28 jours en 2022. Cette amélioration est cependant contredite par les organisations d’opticiens, qui notent à l’inverse une situation toujours très problématique dans de nombreuses régions.

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