Renouvellement des lunettes : « Les opticiens doivent prendre leurs responsabilités », selon le Snof

Publié le 17/05/2019

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Suite à une étude réalisée auprès de 716 prescripteurs*, le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof) constate « une délégation insuffisamment assumée par les opticiens » qui seraient nombreux à ne pas respecter l’obligation d’information du médecin dans le cadre d’un renouvellement.

Aujourd’hui, 15 % des lunettes seraient renouvelées directement chez l’opticien et 20 % de celles-ci seraient adaptées par lui en termes de réfraction. L’enquête menée par le Snof montre que 81 % des ophtalmologistes sont favorables au renouvellement des lunettes chez l’opticien, possible depuis 2007. Les oppositions, qui doivent être inscrites sur l’ordonnance, sont peu fréquentes : 95 % d’entre eux n’indiquent jamais la mention « non renouvelable », sauf si l’état clinique du patient le justifie. « Ce dispositif participe à la réduction des délais de délivrance des équipements, mais doit être sécurisé pour le patient. Ils restent donc très attachés à l’obligation d’ordonnance qui permet un examen médical régulier de la population pour dépister et prendre en charge les pathologies oculaires accompagnant les évolutions réfractives des patients », indique le Snof.

Selon le syndicat, l’étude met aussi en lumière le faible taux de retour des opticiens vers les ophtalmologistes. Les ophtalmologistes déclarent recevoir moins de 10 messages par trimestre et estiment que plus de 8 opticiens sur 10 ne transmettent pas d’information au prescripteur lors d’une modification de verres correcteurs, qui est pourtant une obligation dont le non-respect est sanctionné par une amende. « Pourtant les ophtalmologistes tiennent particulièrement à ce retour et 76 % d’entre eux consignent systématiquement cette information quand elle existe. Ce déficit d’échange de la part des opticiens peut expliquer que 60 % des ophtalmologistes ne souhaitent pas l’augmentation du taux de renouvellement et jugent à 42 % que les opticiens sont insuffisamment formés pour l’effectuer », souligne le Snof. Les ophtalmologistes sont également opposés, à 86 %, à la suppression de l’obligation d’ordonnance pour avoir droit au remboursement des verres correcteurs.

Alors que le taux d’adaptation chez l’opticien devrait augmenter à partir de 2020 dans le cadre de la réforme 100 % santé, Thierry Bour explique que l’effort de simplification du parcours de soins oculaires fait par les ophtalmologistes ne doit pas être à sens unique : « Les opticiens doivent prendre leurs responsabilités. Alors que la majorité des médecins sont favorables à cette pratique, il ne faudrait pas que la délivrance de matériel optique entraîne une démédicalisation au détriment de la santé du patient. C’est pourquoi des efforts doivent être faits pour renforcer l’information vers les ophtalmologistes, garants de la filière visuelle. L’accélération de la numérisation du parcours de santé est une opportunité pour améliorer la coordination et la transparence entre les acteurs, au bénéfice des patients. »  

*Enquête Snof menée auprès de 716 ophtalmologistes du 19 au 30 avril 2019. Résultats analysés par J. Raynaud, docteur en géographie de la santé.

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